Le foie : sa fiche d’identité

A l’instar de la queue de lézard, le foie a la capacité de se régénérer, certes, mais attention, il n’est pas invincible. Organe vital situé sous la poitrine à droite, le plus important en volume dans le corps après la peau (environ 1,500 kg chez l’adulte), le foie est une glande qui intervient dans le processus de digestion et fait partie de la famille des émonctoires (organes chargés d’éliminer les déchets présents dans le corps). Il remplit 3 grandes missions :

  • Stockage et transformation des glucides et des lipides et stockage des vitamines liposolubles : autrement dit, c’est un fournisseur d’énergie,
  • Fabrication et synthèse de la bile : ce liquide jaune favorise la digestion des lipides et l’excrétion des médicaments,
  • Épuration de l’organisme.

Un corps propre… à l’intérieur

Comparable à une station d’épuration organique, il détoxifie le corps en transformant ou détruisant les produits toxiques ingérées par un mécanisme de filtrage du sang sophistiqué. 13% du volume sanguin se situe dans le foie en journée, volume pouvant augmenter jusqu’à 40% la nuit. Pour remplir cette importante tâche, le foie va effectuer plusieurs cycles de nettoyage avant de restituer un sang libéré de toute substance toxique tels que métaux lourds, médicaments, alcool, drogues, pesticides, herbicides… Mais aujourd’hui, ce nettoyage relève d’une véritable prouesse. A cela différentes raisons :

  • L’environnement : du sol aux airs en passant par l’eau : ce que nous mangeons et ce que nous buvons n’échappe plus à la pollution et à la toxicité des substances chimiques, résultat de notre négligence écologique pendant de longues années.
  • L’alimentation moderne : trop riche en viandes rouges, pas assez en légumes et fruits frais, des excès de sucres et de gras couplés à la sédentarité. La consommation non modérée d’alcool, de tabac et la consommation de drogues est un comportement aggravant.
  • Le stress : néfaste pour l’oxygénation de l’organisme et bloqueur du renouvellement cellulaire.

Repas copieux et alcool lui imposent un rythme de travail intense et fatigant.

Enfin, certaines périodes sont plus critiques : la période des fêtes de fin d’année, en l’occurrence, ne ménage pas votre foie. Repas copieux et alcool lui imposent un rythme de travail intense et fatigant. Cette surcharge mène à la fatigue, aux maux de tête, aux douleurs et troubles digestifs. Ajoutez à cela, période hivernale oblige, un cocktail de médicaments, et votre foie aura toutes les raisons de vous en vouloir et de vous le faire payer !

Les signes d’un foie surchargé :

  • Urine foncée et selles claires ou noires.
  • Inflammation et crampes d’estomac.
  • Peau irritée, prurit.
  • Reflux acides.
  • Diarrhée persistante.
  • Fatigue, réveils nocturnes.
  • Perte d’appétit.
  • Rétention d’eau, notamment dans les pieds et les jambes.
  • Ictère (teint jaune causé par la bilirubine).

Comment soulager son foie ?

Dans les coups durs, votre foie ne serait pas contre une petite aide. Dans un premier temps, comme il vaut mieux prévenir que guérir, profitez des bonnes résolutions du début d’année pour changer durablement vos habitudes alimentaires. Limitez l’alcool, réduisez les viandes rouges, les produits laitiers et les aliments raffinés; et buvez tout au long de la journée. Ne vous lancez pas dans une cure draconienne qui ne ferait qu’augmenter le dérèglement de votre organisme et désorienter vos organes émonctoires. N’envisagez une cure que si vous ressentez plusieurs signes énoncés dans le paragraphe précédent car dans le cas contraire, estimez-vous heureux(se) de posséder un foie qui fonctionne bien et qui se débrouille alors tout seul.

Cure détox naturelle : misez sur les plantes dépuratives.

Il existe de nombreuses plantes hépato-protectrices et aux vertus dépuratives. Seules ou en association, ces plantes soulagent votre foie : elles facilitent et allègent son travail, ce qui permet à la précieuse glande de se régénérer plus vite. Ces produits natuels pour détoxifier le foie existent sous forme de gélules, d’ampoules et de boissons. Voici quelques exemples de plantes dénichées par les herboristes de tous temps, aux quatre coins du monde.

Certaines plantes ont la capacité de faciliter et d’alléger le travail du foie pour qu’il se régénère plus vite.

Les préventifs :

Ces plantes agissent préventivement et sont intéressantes pour renforcer l’efficacité de votre foie :

  • Le chardon-Marie, une plante robuste utilisée depuis l’Antiquité grecque, produit la silymarine, une substance hépato-protectrice et antioxydante.
  • Le desmodium, plante tropicale d’Afrique, d’Inde et d’Amérique du Sud, est traditionnellement utilisée au Cameroun et en Côte d’Ivoire pour les troubles hépatiques. Anti-hépatotoxique, il permettrai de faire baisser le taux d’enzymes appelées transaminases dans le sang. Dans une cure détox, vous allez réclamer plus de productivité à votre foie et cela va le conduire à traiter plus en profondeur les toxines présentes dans le corps. Le rôle du Desmodium va donc consister à protéger le foie pendant cet effort.

Les cholagogues : ils facilitent l’évacuation de la bile vers l’intestin :

  • Le radis noir, cultivé pour l’alimentation, est également un classique de la pharmacopée. Utilisé en phytothérapie, le jus extrait de la racine est proposé en ampoules ou en gélules.
  • la fumeterre est une plante annuelle que l’on peut croiser un peu partout : champs, terrains vagues bords de chemins… On l’associe généralement à la grande bardane et à la pensée sauvage.

Les cholérétiques : ils favorisent la production de bile :

  • La fumeterre (voire plus haut).
  • Le romarin, arbrisseau sauvage des garrigues, n’est pas qu’un condiment hautement parfumé ! Il se révèle être également un allié de la vésicule biliaire.

Les diurétiques : ils augmentent la sécrétion urinaire et accélèrent l’élimination des toxines par l’urine :

  • La fumeterre (on la retrouve !).
  • La pensée sauvage est utilisée depuis longtemps en médecine traditionnelle. Elle ne se contente pas seulement de nous flatter par ses délicates fleurs bicolores ou tricolores mais possède de réelles propriétés dépuratives.
  • La grande bardane est consommée depuis les chasseurs-cueilleurs du mésolithique : feuilles, jeunes pousses et racines se cuisinent. En pharmacopée, on utilise prioritairement la racine.
  • Le pissenlit : son nom l’indique sans fioriture, le « pisse-en-lit » est une plante diurétique dont on consomme les feuilles, les racines, les boutons floraux et les capitules.
  • le bouleau, arbre de nos jardin, le bouleau renferme des vertus diurétiques dans sa sève, ses feuilles et son écorce.

Cette liste n’est pas exhaustive, les plantes hépato-protectrices sont nombreuses. N’oubliez pas toutefois qu’il est préférable de consulter un professionnel avant de démarrer une cure détox et ne cherchez pas à en faire plus que nécessaire : souvenez-vous, tout est question de dosage : le fonctionnement du corps humain repose sur l’équilibre : les excès dans un sens comme dans l’autre sont donc à proscrire.