1. Parce qu’il a une grande utilité (c’est logique)

Un tuyau d’1,5 mètres de long et de 4 cm de diamètre, ça impose le respect. Bien que l’intestin grêle ait absorbé presque tous les nutriments et 90% de l’eau, le rôle du côlon n’en est pas moins important. Fin de parcours des déchets, son rôle est d’absorber l’eau restante, mais dans des proportions raisonnables pour respecter l’équilibre hydrique. Il va également absorber quelques vitamines, comme la vitamine K. C’est dans le côlon, enfin, que le chyme (mélange d’aliments partiellement digérés, d’eau, d’acide chlorhydrique et d’enzymes) devient, destin tragique, matière fécale.

2. Parce que le côlon abrite un peuple paisible et bienveillant

Une fois pris en charge par le côlon, le chyme entre en contact avec du mucus et le microbiote. Le microbiote, ce sont des milliards de micro-organismes (bactéries, virus et levures) qui cohabitent harmonieusement dans nos intestins et contribuent au bon équilibre de l’organisme tout entier, rien que ça ! Les bactéries sont nos amies, il faut les aimer aussi. Grignotant les fibres alimentaires, le microbiote produit des déchets utilisés comme nutriments par les cellules du côlon, soit une centaine de calories par jour.

3. Parce que la flore bactérienne, c’est un petit monde très fragile

Un déséquilibre peut vite arriver : fatigue, stress, surmenage ou dans un autre registre, antibiotiques : certains facteurs externes peuvent décimer une partie du microbiote et provoquer alors des dysfonctionnements digestifs. La prise de ferment lactiques (abusivement appelés ‘probiotiques‘ par les industriels)  permet de retrouver un bon équilibre intestinal. Parmi les solutions proposées en pharmacie et parapharmacie, on retrouve évidemment les gammes de microbiotiques PiLeJe, concurrencées dernièrement par 2 nouveaux produits : Smebiocta des laboratoires Ipsen qui apporte une supplémentation de la souche Lactobacillus pnatarum 299v (LP299V®), et Symbiosys de chez Alflorex qui mise sur une supplémentation de la souche Bifidobacterium infantis 35624®.

4. parce que le côlon serait  notre « deuxième cerveau »

C’est la réputation que l’on prête au tube digestif. En effet, ce dernier solliciterait pas moins de 100 millions de neurones ! Le système nerveux contrôle les sécrétions durant le processus de digestion. Autre élément qui le rapprocherait de notre cerveau, c’est son lien intime avec notre moral. Hé oui, vous avez bien lu : votre humeur peut trouver sa source dans votre ventre. Et le rapport est mutuel : c’est à dire qu’un déséquilibre du microbiote peut mettre votre moral en berne, et vice versa. Il en est de même avec le système immunitaire : pour conserver de bonnes défenses naturelles, il est important de maintenir ce précieux équilibre. Il existe également une interaction avec le système endocrinien : une hormone, l’aldostérone, intervient dans l’élimination du potassium et l’absorption du sodium.

5. parce qu’il peut se montrer fainéant, capricieux, irritable…

Spasmes, ballonnements, douleurs… Les problèmes digestifs, sans inflammation, ne sont pas considérés comme étant pathologiques mais ils n’en restent pas moins handicapants et douloureux.

Les ballonnements sont dus à la production excessive de gaz durant une digestion trop lente. Ils provoquent gênes, douleurs et gonflement du ventre. Ils peuvent être évités par la prise de charbon végétal actif ou de compléments alimentaires pour le confort digestif.

Les troubles fonctionnels, liés à la vitesse de la digestion dans le côlon, provoquent constipation (contractions insuffisantes, digestion trop lente), diarrhée (contractions trop fortes, digestion trop rapide) ou même l’alternance des deux. Appelés colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable (SII) ou syndrome du côlon irritable, ces troubles gâchent le bien-être digestif de près de 20% de la population occidentale. Les femmes semblent plus souvent touchées, un lien est d’ailleurs établi avec les changements hormonaux. En effet, le syndrome de l’intestin irritable accompagne, chez certaines femmes, le syndrome prémenstruel. L’état psychologique de l’individu pourrait jouer un rôle : les personnes anxieuses ou dépressives ont tendance à souffrir de troubles digestifs. Il semblerait, d’autre part, que le syndrome de l’intestin irritable survienne parfois à la suite d’une infection gastro-intestinale, provoquant alors un déséquilibre de la flore intestinale.

Pour prévenir ce trouble, il est conseillé d’adapter son alimentation, de gérer au mieux son stress, d’effectuer des cures de prébiotiques et probiotiques, accompagnées d’une prise d’oméga-3 pour une meilleure adhérence des probiotiques dans les muqueuses intestinales. Enfin, les exercices de respiration par le ventre peuvent présenter un intérêt pour la détente des viscères et une digestion parfaitement rythmée !