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Comment prendre des compléments articulaires en toute sécurité

Les actifs présents dans les compléments alimentaires pour les articulations font l’objet de nombreuses précautions. Plébiscités pour leurs vertus, certains actifs présents dans des compléments alimentaires destinés à soulager les articulations ont été impliqués dans plusieurs mises en garde. En effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle que, bien qu’ils soient largement consommés, les compléments alimentaires ne sont pas dénués de risques. Découvrons ceux qui sont concernés.

Curcuma : vigilance requise !

Le curcuma est le dernier en date à avoir été épinglé. La revue Prescrire nous met en effet en garde contre son caractère potentiellement dangereux. Celui-ci serait susceptible d’entraîner des hépatites aiguës. Plusieurs études parues en Italie, Suède et Norvège ont révélé des cas d’atteintes du foie. Cette plante utilisée notamment pour ses propriétés anti-inflammatoires dans les problèmes articulaires s’est avérée potentiellement toxique.

En octobre 2019, les centres régionaux de pharmacovigilance italiens ont publié un rapport d’évaluation impliquant des atteintes hépatiques dues à la prise de compléments alimentaires à base de curcuma, Dans presque tous les cas, il s’agissait d’une hépatite aiguë. Mais la cause exacte de ce problème n’a pas été trouvée.

Rappelons-nous que plusieurs atteintes hépatiques en Suède et en Norvège, provoquant des morts, avaient déjà été signalées en mars 2009. En cause, cette fois-ci, la présence d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (nommé nimésulide) dont la toxicité sur le foie était connue et avait entraîné son retrait du marché en tant que médicament.

Par ailleurs, il convient d’être particulièrement vigilant quant à l’espèce de curcuma présente dans un complément. En effet, certaines poudres vendues sous la dénomination de curcuma renferment parfois d’autres espèces que le curcuma longa. Le plus souvent, le curcuma zedoaria est incriminé et cette espèce possède une toxicité avérée et étudiée. (1)

La revue Prescrire encourage les consommateurs à la plus grande vigilance car le statut de complément alimentaire ne garantit pas l’innocuité du produit ni même sa composition.

Glucosamine : déjà épinglée en 2019 !

Fin mars 2019, l’Anses avait attiré l’attention du public sur les compléments alimentaires à base de glucosamine. La glucosamine est utilisée pour aider à soulager les douleurs de l’arthrose. Prescrire s’est penché sur cet actif et considère qu’il n’est pas démontré que la glucosamine soit plus efficace qu’un placebo.

Le magazine considère également « qu’elle expose à des effets indésirables parfois graves : réactions allergiques (angioedèmes, néphropathies interstitielles aiguës) ; atteintes hépatiques ; modifications de la glycémie. Des saignements ont aussi été rapportés chez des patients traités par anticoagulant antivitamine K prenant aussi de la glucosamine ». Pour Prescrire, le déremboursement des médicaments à base de glucosamine depuis mars 2015 doit être considéré comme un signal clair pour les patients.

Harpagophyton : attention aux ulcères et saignements digestifs !

Aussi appelé « griffe du diable », l’harpagophytum procumbens est une plante dont la racine est utilisée pour soulager des symptômes articulaires mineurs. Fin mars 2019, l’Anses avait tiré la sonnette d’alarme sur divers compléments alimentaires à visée articulaire dont l’harpagophyton.

Prescrire avait alors mené une enquête et considéré que, sans efficacité établie au-delà d’un effet placebo, l’harpagophytum semblait exposer à des effets indésirables digestifs parfois graves : maux d’estomac, gastrites parfois hémorragiques, ulcères duodénaux. Mais cette plante semblerait présenter d’autres effets indésirables telles que des réactions allergiques et des sensations de vertiges. De plus, selon l’Agence européenne du médicament (EMA), il existe un doute sur des troubles du rythme cardiaque. Au vu de ces données, Prescrire avait considéré ce traitement comme étant à éviter.

Saule blanc : mêmes précautions que l’aspirine !

L’écorce de saule a, quant à elle, des propriétés anti-inflammatoires exploitées pour soulager les douleurs, notamment articulaires. D’ailleurs l’EMA reconnaît cet usage comme « traditionnel ». Elle est riche en dérivés salicylés, des composés présents dans l’aspirine, d’où des propriétés similaires et des contre-indications assez proches.

Sa consommation est donc à proscrire aux personnes allergiques aux salicylates, aux anti-inflammatoires non stéroïdiens, aux personnes souffrant d’ulcères de l’estomac ou du duodénum mais aussi aux personnes sujettes aux hémorragies. Elle est également déconseillée chez les asthmatiques, les personnes avec des problèmes de reins ou de goutte, les femmes durant la grossesse et l’allaitement et chez les sujets de moins de 18 ans.

En cas de surdosage, le saule pourrait favoriser des hémorragies, provoquer des réactions allergiques (urticaire, crise d’asthme, démangeaisons) ou des troubles digestifs (diarrhées, nausées). Notez d’ailleurs que l’EMA recommande de limiter la durée du traitement à 4 semaines.

Pour aller plus loin et en savoir davantage sur les compléments alimentaires, leurs usages et leurs effets indésirables, retrouvez vite notre article 6 choses à savoir sur les compléments alimentaires.

(1) Br J Nutr. 1979 Jan;41(1):57-63. Toxicity of shoti (Indian arrowroot: Curcuma zedoaria) for rats and chicks. Latif MA, Morris TR, Miah AH, Hewitt D, Ford JE.

Source : Prescrire.org