Ô joie immense infinie ! Joséphine attend un bébé et tout son corps vibre de bonheur. Tout ? Non ! Une sensation d’irréductibles nausées résiste encore et toujours face à sa réjouissance de devenir maman. 

De désagréables à handicapants, les nausées et vomissements sapent le moral de 50% des futures mères. Le terme de « nausées matinales » serait d’ailleurs réducteur car ces trouble-fêtes digestifs peuvent se manifester à tout moment de la journée. Généralement vécus de la 6ème semaine de grossesse jusqu’à la fin du premier trimestre, les nausées et les vomissements sont sans danger pour l’embryon et la mère. Cependant, si la femme enceinte ne parvient plus à s’alimenter normalement, elle peut souffrir dans des cas extrêmes de carences ou de déshydratation.

Nausées du premier trimestre : quelles en sont les causes ?

« Faire » un bébé n’est pas une mince affaire ! La grossesse engendre de nombreux changements biologiques : durant 9 mois, le corps va subir une kyrielle de transformations pour s’adapter au développement et aux besoins du fœtus. Les principales modifications vont s’opérer au niveau du système endocrinien. Le fœtus stimule fortement la thyroïde de la mère, ce qui constitue la principale raison du chamboulement métabolique chez la femme enceinte. En tout début de grossesse, environ une semaine après la fécondation, l’embryon va produire l’hormone Chorionique Gonadotrope Humaine, connue sous l’appellation « hCG ». Cette hormone va favoriser le maintien du corps jaune dans l’ovaire et augmenter la production de la progestérone et des œstrogènes durant le premier trimestre. La progestérone et les œstrogènes sont indispensables au bon déroulement de la grossesse et travaillent conjointement à la fabrication d’un nid douillet et solide pour le bébé en devenir. La sécrétion d’hCG augmente considérablement jusqu’à la fin du premier trimestre. Sa présence en grande quantité dans le sang et dans les urines de la femme confirme le début d’une grossesse et c’est donc une forte concentration d’hCG dans vos urines qui fait apparaître la jolie petite ligne bleue sur le test urinaire ! Si l’hCG se prend pour l’ange Gabriel en vous annonçant votre grossesse, elle est également la principale responsable de vos nausées… et votre relation avec l’hCG peut vite tourner à « je t’aime, moi non plus ». Le taux d’hCG étant plus élevé pour les grossesses multiples, les futures mamans de jumeaux ou de triplés sont plus susceptibles d’avoir des nausées et des vomissements.

Comment sont provoquées les nausées ?

Pour le comprendre, il faut faire un tour du côté de l’aera postrema, une structure médullaire du cerveau non protégée par la barrière hémato-encéphalique. Capable de détecter les toxines présentes dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien, son rôle est de protéger l’organisme en provoquant des vomissements face au moindre risque toxique. Mais l’aera postrema possède également des détecteurs d’hCG, ce qui explique le lien entre le taux élevé d’hCG et les nausées.

La nausée pour prévenir de tout risque toxique ?

C’est une piste empruntée par plusieurs études de recherche. La femme enceinte ressent des dégoûts inédits et inexpliqués, particulièrement lorsqu’elle est confrontée à certaines odeurs. Si l’on ne peut affirmer que l’odorat d’une femme se développe pendant la grossesse, on s’accorde à penser qu’elle se montre plus à l’écoute de son corps et interprète plus finement ses sens. Les dégoûts olfactifs concernent des substances effectivement nocives comme la fumée de cigarette ou la nourriture avariée. Côté alimentation, la femme enceinte fait le tri, naturellement guidée par le dégoût ou l’envie. Il n’est donc pas rare que les goûts changent au point que des aliments jusqu’alors appréciés soient fuis durant la grossesse. La nausée pourrait s’avérer être, en réalité, un mécanisme naturel et inné de défense contre les risques d’intoxication. Pénible à vivre, c’est vrai, mais n’êtes-vous pas émue d’apprendre que votre grossesse a fait renaître un instinct de survie hérité de nos ancêtres ? Non, même pas un petit peu ?

La tête et le ventre, intimement liés ?

Ce n’est plus un secret, notre état émotionnel est intimement lié au fonctionnement biologique de notre organisme. Or, les nausées seraient plus présentes en cas de fatigue, de stress ou d’anxiété. C’est pourquoi il est important pour une femme enceinte de s’accorder du repos, des moments de calme et pourquoi pas des séances de relaxation.

Peut-on éviter l’état nauséeux et avec quelle plante ?

La première astuce à connaître, c’est de s’assurer de toujours avoir un petit quelque chose à grignoter sur sa table de nuit. En effet, les nausées peuvent être évitée en grignotant un ou des petits biscuits avant même de se lever. Tout au long de la journée, il faudra penser à bien vous hydrater. Enfin, côté repas, il est préférable de les fractionner en plusieurs collations (4 à 5 durant la journée) pour permettre à votre estomac de travailler sereinement, sans trop d’effort. Si possible, préférez les aliments froids et évitez tous les plats trop gras ou trop épicés. Enfin, puisque votre odorat est à fleur de peau, évitez de le solliciter : faites une pause parfum, eau de toilette, bougies d’ambiance… et jetez-vous sur des cosmétiques naturels sans parfum (en plus c’est encore mieux pour votre peau de maman !)

Parfois les astuces de grands-mères viennent difficilement à bout des nausées. Faut-il s’avouer vaincue ? Peut-être pas. Nous avons fouillé dans nos manuels de phytothérapie et on pourrait envisager la piste du gingembre. Il est en effet présent dans plusieurs produits indiqués pour lutter contre la nausée :

Nausicontrol chez Nutreov se présente sous la forme d’un spray buccal. Associé à la badiane, l’apport en extrait de racine de gingembre peut atteindre 26 mg par jour. 

Egalement en spray buccal, Vagaline, des laboratoires 3 Chênes, propose une formule associant plantes (gingembre, sauge, mélisse) , huile essentielle de menthe poivrée et fleurs de Bach (noyer et orme). Chaque pulvérisation apporte 40,3 mg d’extrait de gingembre. En cas d’écœurement, le laboratoire conseille 5 pulvérisations buccales en une prise.

Vous pouvez aussi opter pour les sticks de poudre orodispersible de Novalib, chez CoPartner Santé. Pratiques car on peut les emporter partout discrètement, les sticks apportent chacun 36 mg d’extrait de racine de gingembre pur dont une teneur de 1,8mg en ginérol. Chez la femme enceinte, on conseille la prise d’un stick par jour en cas d’écœurement.

Un biscuit sur une table de nuit, une bouteille d’eau sous le coude, des repas appropriés, de bonnes siestes et en dernier recours une racine biscornue ! Joséphine, sur le chemin du second trimestre, a retrouvé le sourire et l’appétit.