Un mal tabou qui vous isole peu à peu

La crise hémorroïdaire touche environ une personne sur deux dans les pays occidentaux et à peu près tout le monde au moins une fois après 50 ans. Cette pathologie des veines rectales reste encore taboue et les personnes qui en souffrent n’osent pas en parler à leur médecin. Apprenez à reconnaître les symptômes d’une crise hémorroïdaire, à prévenir les risques, et enfin à vous soulager efficacement et naturellement grâce à 5 plantes.

La défécation : un mécanisme bien réglé

Lorsque nous expulsons nos selles, nous sollicitons volontairement et involontairement un groupe de muscles. L’ensemble s’organise à la manière d’un mouvement de montre, à l’insu de l’individu qui ressent simplement l’envie de se soulager. Après digestion, la matière fécale va remplir l’ampoule rectale. Le sphincter anal interne va alors se relâcher et donner un signal clair : il est temps de se rendre aux toilettes ! Pour vous laisser le temps de vous organiser, le sphincter externe se contracte pour contenir les matières fécales dans l’ampoule rectale. Pendant ce temps, le muscle pubo-rectal, l’un des 3 chefs du muscle élévateur de l’anus va se relâcher pour placer l’anus dans un angle facilitateur d’expulsion par rapport à l’orientation de l’ampoule rectale. Quand tout est parfaitement aligné et que vous êtes dans de bonnes conditions pour soulager vos besoins, vous allez volontairement relâcher le sphincter externe pour évacuer les selles. Parallèlement, sous l’influence de cette importante pression, le sang afflue et dilate les veines rectales. Cette dilatation va faciliter l’ouverture du sphincter externe.L’évacuation terminée, le sphincter interne et le muscle pubo-rectal reviennent à l’état de contraction tandis que la dilatation des veines de la zone anale et rectale se résorbe.

Comment reconnaître une crise hémorroïdaire ?

Les hémorroïdes, c’est la formation de varices au niveau des veines rectales et anales qui ont subi une trop forte dilatation et qui ne parviennent pas à retrouver leur aspect normal.

Si au mieux les crises hémorroïdaires déclenchent de légères démangeaisons passagères dans la zone ano-rectale, chez certaines personnes, la pathologie peut rapidement devenir un enfer au quotidien. Provoquant une sensation de brûlure, parfois des saignements et souvent une douleur à la défécation, la crise hémorroïdaire gâche véritablement la vie du malade pour la sensation d’inconfort permanente qu’elle engendre. Les hémorroïdes externes apparaissent sous la peau qui entoure l’anus. Les hémorroïdes internes, en revanche, naissent dans la partie intérieure de l’anus ou dans le rectum et peuvent sortir de l’anus lors de la poussée. Il existe quatre degrés d’évolution : du premier, invisible, au quatrième qui rend impossible le replacement manuel de l’hémorroïde à l’intérieur de l’anus après la défécation. Ce dernier degré représente une situation handicapante qui pousse généralement le malade à consulter et à subir une intervention chirurgicale si aucune autre méthode n’a été efficace jusqu’ici.

Les crises hémorroïdaires ne sont pas à prendre à la légère car le complications existent. Parfois, un caillot de sang peut se former dans la veine et provoquer une thrombose. Si le caillot se forme dans une veine superficielle, la thrombose n’est pas inquiétante et le problème se résoudra tout seul. En revanche, les conséquences seront plus préoccupantes sur une veine profonde.

En cas de saignements, consultez votre médecin qui vérifiera que vous ne souffrez pas d’une autre pathologie plus grave.

Les facteurs à l’origine des hémorroïdes

Souvent héréditaires, les crises d’hémorroïdes peuvent également survenir chez une personne souffrant de constipation ou de diarrhée chronique et restant trop longtemps assise sur le siège des toilettes, en cas de prise de poids ou d’obésité, durant la grossesse et à la suite d’un accouchement par voie vaginale, après le port répété de charges lourdes. Elles vont également concerner certains sportifs ou les personnes pratiquant le coït anal.

Comment prévenir l’apparition d’hémorroïdes ?

La première solution pour éviter la crise hémorroïdaire passe par un régime alimentaire adapté. Évitez les plats épicés et salés, l’alcool , le thé, le café et le tabac. Privilégiez les légumes frais, les fruits et d’une manière générale, des aliments riches en fibres. Pensez également à boire suffisamment d’eau pour éloigner le risque de déshydratation. Cette sélection alimentaire permet de prévenir la constipation, responsable majeure de la crise hémorroïdaire.

Aux toilettes, bannissez les mauvaises habitudes. Par exemple, ne restez pas trop longtemps assis(e) sur le siège des toilettes. En cas de constipation, ne forcez pas si vous ressentez des difficultés pour évacuer les selles. Comme mentionné plus haut, la défécation consiste au relâchement du sphincter externe et non pas à la poussée. Si vous poussez à chaque fois que vous déféquez, vous ne faites qu’exagérer un mouvement qui doit rester naturel. En forçant, vous augmentez l’afflux de sang dans les veines rectales alors que votre sphincter, lui, n’est pas prêt. Normalement, la défécation ne réclame aucun effort supplémentaire puisque le simple relâchement du sphincter externe suffit pour évacuer les selles.

Comment écourter et soulager naturellement une crise hémorroïdaire ?

Pour soulager les symptômes liés aux hémorroïdes, il existe des plantes qui agissent sur le système veineux et sur l’inflammation. Si vous êtes sujet(te) aux crises hémorroïdaires, il est judicieux de posséder dans votre armoire à pharmacie ces solutions naturelles pour agir rapidement dès l’apparition des premiers signes. En intervenant rapidement à l’aide de compléments alimentaires, mais également d’une pommade ou crème rectale, vous vous mettrez à l’abri d’un épisode inconfortable et limiterez les risques de complications comme la thrombose. Voici une liste de 5 plantes reconnues pour apporter d’intéressants bénéfices face à la crise hémorroïdaire :

Le fragon faux houx, ou petit-houx

Petit arbuste de la région méditeranéenne-atlantique, le fragon faux houx possède des vertus circulatoires intéressantes qui ont été révélées par des recherches médicales avancées. Le rhizome, c’est à dire la tige principale de la plante située sous le sol, possède des substances diurétiques et vasoconstrictrices. Utiliser des extraits de rhizome de petit houx pourrait donc permettre le rétrécissement des vaisseaux sanguin et améliorer la pression artérielle.

On prélève également la ruscogénine, une substance produite par les racines du fragon faux houx. Il s’agit d’un glycoside stéroïdien qui possède des propriétés veinotoniques et anti-inflammatoires. On le retrouve dans les pommades pour les hémorroïdes comme la crème NeoFitoroid du laboratoire Aboca et même dans certaines crèmes pour réduire les poches sous les yeux. Les pommades hémorroïdaires sont souvent enrichies en ingrédients hydratants comme des huiles et beurres végétaux, de l’aloé vera ou encore de l’acide hyaluronique.

Le marronnier d’Inde

Le marronnier d’Inde pousse naturellement au sud des Balkans : en Grèce, en Albanie, en Macédoine et en Bulgarie. Cependant, on en trouve dans toute l’Europe, car l’arbre représente des qualités d’ornement intéressantes dans les villes et parcs. On l’appelle marronnier blanc , marronnier commun, marronnier faux-châtaignier, châtaignier de mer ou encore châtaigner des chevaux… le marronnier d’Inde possède une kyrielle de petits noms mais surtout des qualités dans le domaine médical. Dans la pharmacopée, on retient surtout l’utilisation de la graine entière car les fleurs, les feuilles et l’écorce contiennent de l’esculine, un anticoagulant toxique. C’est donc du fruit du marronnier d’Inde que l’on extrait l’escine, un composé anti-inflammatoire et vasoconstricteur. C’est pourquoi de nombreux produits de circulation veineuse contiennent des extraits de graines de marronnier d’Inde.

L’hélichryse italienne

Sur les côtes méditerranéennes pousse un petit buisson aux petites fleurs jaunes. En France, on lui donne le joli surnom d’ « immortelle » pour l’incroyable résistance de ses fleurs en bouquets séchés. Si nous citons l’hélichryse italienne, vous vous doutez que ce n’est pas uniquement pour sa qualité de tenue dans un vase ! C’est en aromathérapie que l’hélichryse dévoile ses meilleurs secrets. Extraite des sommités fleuries, l’huile essentielle d’hélichryse italienne est surnommée l’huile du boxeur pour sa capacité à résorber les hématomes. Elle possède donc un intérêt pour traiter les problèmes circulatoires, dont fait partie la crise hémorroïdaire.

L’hamamélis

Originaires d’Amérique du Nord, du Japon et de Chine, les hamamélis sont des arbustes aux fleurs un peu étranges. L’utilisation de l’hamamélis en phytothérapie ne date pas d’hier puisque nous savons que les Amérindiens l’utilisaient et ont enseigné leurs savoirs aux colons. L’hamamélis peut agir sur le système sanguin et son efficacité est reconnue par l’OMS, la Commission E et l’ESCOP. On utilise traditionnellement les feuilles et l’écorce de l’hamamélis pour soigner les contusions, les petites plaies, les inflammations de la peau ou des muqueuses et pour traiter les varices, dont les hémorroïdes. Enfin, celle que l’on surnomme également le noisetier des sorcières intègre souvent la composition des solutions naturelles pour l’insuffisance veineuse et les jambes lourdes.

L’hydrocotyle asiatique

L’hydrocotyle asiatique est une plante vivace que l’on rencontre en milieu humide en Inde, en Indonésie et sur l’île de Madagascar. Vous la connaissez sans doute sous le nom de Centella Asiatica ou encore Gotu kola. Cette plante possède de fines tiges au bout desquelles se trouvent de petites feuille arrondies. Déjà exploitée dans la médecine ayurvédique, l’hydrocotyle a démontré une efficacité probable sur l’insuffisance veineuse et les varices d’après plusieurs études. A ce titre, elle représente donc une solution intéressante pour soulager les personnes souffrant de crises hémorroïdaires.

Soulager les hémorroïdes sans médicaments

Utilisées depuis des siècles par de très anciennes civilisations, ces plantes sont encore exploitées par les générations actuelles. En extraire le meilleur, c’est la mission des laboratoires de recherche. Il est donc possible de prévenir et d’atténuer les crises hémorroïdaires sans médicament, mais avec des compléments alimentaires et des crèmes qui associent judicieusement ces plantes issues du monde entier.